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Montre un peu l’étiquette… J’aurais pas pris ça mais ça ira ! Sers-nous pendant que je continue. J’en étais où déjà…

Ah oui ! Les chasseurs ! Trois Escort de l’OCG qui foncent vers nos trois fugitifs en mitraillant à outrance. Ces petites saloperies sont diablement maniables et s’accrochent au train du vaisseau de nos gars, incapable de garder un contact visuel à cause de sa vitesse. Les Galactiques commencent à danser un tango en canardant de leurs blasters couplés. Leurs pointillés lumineux zèbrent l’espace et font voler le blindage de la corvette. 

 

Dans le vaisseau, les alarmes se déclenchent les unes après les autres, les voyants passent au rouge, des étincelles jaillissent des consoles. Mais les gaillards gardent la tête froide ! Le grand brun tient à l’œil les chasseurs sur le scan et transmet les relevés en quelques termes brefs et efficaces. Le pilote le met à profit pour prendre l’avantage et permettre au canonnier de dégommer les agresseurs. « Dans l’Mille » qu’on l’appelait, le canonnier ! Les pilotes OCG ont vite compris pourquoi !

Il faut préciser que c’étaient probablement des bleus : ils savaient manier leur zinc, certes, mais maîtrisaient mal les finesses et les astuces du combat tournoyant. Monumentale erreur ! Un canon plasma sur tourelle n’est pas dangereux à portée longue, mais à moins de un klik, ce truc te tire des dragées d’énergie capables de traverser un fuselage de part en part ! Le problème est que cette arme embarquée doit être manipulée par deux servants au moins. 

Tu penses que ça aurait posé problème à Dans l’Mille ?... Ce bastardo semblait se servir du canon aussi bien qu’un équipage au complet. Il n’avait même pas l’air de recharger, alors que le canon plasma tire au coup par coup. Il balance une prune sur chaque chasseur, l’un après l’autre, et te les envoie à la dérive. Le dernier pilote OCG pisse dans sa combinaison et se taille en break avant de retrouver son oiseau transformé en gruyère synthétique.

Mais ça ne s’arrête pas là ! Tiens-toi bien : les trois trompe-la-mort mettent alors les gaz vers la frégate avec laquelle ils ont pris contact. « Ici la frégate pirate Espadon. Ça fait dix minutes qu’on vous attend. Foncez, on vous couvre ! » Le pilote, que j’appellerai pour l’instant Korban, plonge dans la bataille qui oppose un Guardian à toute la flottille d’escorte du Papillon. Autour de la frégate bariolée de têtes de mort pullule un essaim de corvettes et de chasseurs qui mitraillent le pirate ; celui-ci le leur rend bien, même si bon nombre des ses canons ne tirent pas.

Les panneaux de la soute sont ouverts. Le Patrol se met en position et… atterrit dans la frégate. Oui, t’as bien entendu, petit ! En plein combat spatial, Korban pose son Patrol dans la soute d’un Guardian. Si tu veux une idée de ce que ça représente, essaie d’enfiler un fil dans le chas d’une aiguille au milieu d’un orage hyperspatial !

Comme la soute est parsemée de capsules de sauvetage du Papillon, il y a tout de même un peu de casse, mais les Pieds Nickelés sortent frais comme des roses par la trappe d’accès de la corvette. Alors que la soute s’est refermée, bien sûr !

Et c’est là qu’elle se pointe…

Une femme comme t’en as rarement vues. Des boucles blondes qui s’échappent de son bandana noir jusqu’à des épaules au grain de peau magnifique. Une chemise blanche décolletée et un pantalon en cuir qui te donnent une idée de la gueuse dans son plus simple appareil : une poitrine à te donner envie de traverser les Flots de Lumière. Et des jambes, des jambes… à n’en plus finir. La drôlesse pouvait rivaliser sans rougir avec les charmes de notre Rosa Maria. Sur l’honneur !

Leur seul truc qui cloche, c’est son regard… D’un bleu glacial et brutal. Comme l’espace. Froid et sans pitié pour les faibles. Elle pouvait arrêter un hypersquall en pleine charge avec un regard pareil !

 

La nana répondait au nom de Kora Orbakyn. C’était le capitaine de l’Espadon. Elle propose à tous les évadés de se joindre à son équipage. Comme l’alternative se résume à être débarqué sur un astéroïde avec deux jours de rations, les canailles acceptent avec enthousiasme. Korban se voit même proposer un traitement de faveur après sa petite acrobatie aérienne. Comme l’Espadon n’a plus d’officier navigateur, elle lui propose le poste. L’ardente pirate avait en fait d’autres acrobaties en tête, de celles où tu manies ton manche à balai d’une manière bien particulière, si tu vois c’que j’veux dire. Il ne s’est pas emmerdé le Korban, je peux te l’affirmer…

Qu’est-ce que tu dis, petit ?... Les gusses coincés dans le sas du Patrol ?... Ah ouais, c’est vrai – c’est bien, tu suis !

C’est un fusilier de l’Espadon qui s’en est occupé, un mutant à quatre bras du nom de Krayve. Ce gars était un vrai salopard, comme on n’en fait plus ! Un bourrin de première, qui parlait uniquement pour dire « A vos ordres, capitaine » et qui prenait son pied en tapant sur tout ce qui bouge. Sur un mot d’Orbakyn, il a pris son blaster lourd et a mitraillé la porte du sas jusqu’à faire un trou grand comme un passe-plats. Les gars qu’on y a récupérés ressemblaient à des souris coraliennes qu’on aurait enfermé dans une machine à pop corn. J’aime autant te dire qu’après ça, dans la soute, plus personne ne la ramenait !

Enfin voilà. Nos lascars se retrouvent donc enrôlés dans un vrai équipage pirate ! Plutôt en effectif réduit d’ailleurs. Orbakyn venait de mater une mutinerie. Une vingtaine de pirates qui n’adhéraient pas à sa façon de commander étaient partis par le sas, le second en tête. Sans combinaison, bien sûr ! Voilà pourquoi Korban obtint aussi facilement sa place d’officier, sans doute. Dans l’Mille se retrouve sous les ordres du maître canonnier. Quand au troisième, il était assez emmerdé car il n’avait pas beaucoup de compétences spatiales. En fait, c’était probablement la troisième ou quatrième fois qu’il se retrouvait à bord d’un vaisseau spatial… 

Te marre pas, je t’assure, c’est la pure vérité ! Le gonze avait sans arrêt son nez écrasé contre les hublots, hypnotisé par les lueurs du tunnel hyperspatial.

Tu rigoles mais tu verras, petit. Le jour où, toi aussi, tu feras ton premier saut, tu ne pourras pas non plus t’empêcher de lorgner toutes ces vagues couleurs qui se croisent et se superposent.

C’est un des plus beaux spectacles qu’il soit donné de voir à un marin !

En tout cas, le roublard – Jimmy, qu’il s’appelait… Jimmy Schiffer – il savait diablement bien se servir de son plus grand atout : un indéniable charme naturel. En deux temps, trois mouvements, il t’emballe la capitaine et termine dans son pieu. Il lui sort le grand jeu. On entend les miaulements de la garce jusque sur la passerelle. Quand il ressort de la cabine du capitaine, le voilà officier en second. Parfaitement, Monsieur ! Mais comme il n’oublie pas les copains, il se débrouille pour faire nommer Dans l’Mille second maître canonnier et à regrouper ses potes dans le même quart.

T’as une idée de ce que c’est, un quart, sur un vaisseau pirate ?... Vaut mieux pas être narcoleptique. Pendant 24 heures, tu es au taquet à ton poste, à guetter les périls spatiaux sur tes senseurs ou la barre dans les mains à tirer des bords. On te relaie juste pour que t’ais le temps d’aller aux gogues. Ceux qui ne pilotent pas n’ont pas intérêt à se la couler douce ! Il y a les machineries qui demandent une attention constante, les ponts à briquer, les armes à entretenir, les dégâts à réparer… 

Pas besoin de capitaine pour faire respecter ça : celui qui se tourne les pouces subit une « mise au pas » en règle du reste de l’équipage, sous forme de tournée générale de bottage de cul pour lui donner de l’entrain ! Il faut dire qu’un vaisseau mal entretenu, c’est un vaisseau foutu : si ce n’est pas l’équipage qui se retrouve avec une infection dues à la crasse des coursives, c’est la propulsion qui lâchera au moment crucial d’un combat tournoyant. 

Autant dire que lorsque ton quart se termine, tu piques du nez. La seule chose qui t’attire à ce moment là, c’est ton hamac. Les nouveaux font les fiers en tapant le carton où en picolant mais ils changent vite d’habitudes au bout de quelques jours de voyage. Pour les autres, hé bien… leurs vaisseaux se retrouvent éparpillés dans un champ d’astéroïdes où dans un orage hyperspatial.

En parlant d’astéroïdes, c’est justement ce que nos officiers en herbe ont eu à gérer durant leur second quart. Ils étaient à quelques parsecs du système Exxalia quand ils ont du traverser un champ de ces saloperies. Tu aurais vu ça : des monstres de pierre, gros comme des montagnes. Ils sont passés si près qu’ils pouvaient voir les cratères qui les parsemaient et, même, les impacts des vaisseaux maladroits qui s’étaient crashés dessus. Heureusement, Korban tenait la barre et il n’était pas encore entamé par les bitures du rhum d’Havana qu’il avait trouvé dans sa cabine.

Ce type là est sûrement né avec une barre entre les pognes. Il a fait slalomer l’Espadon comme il aurait fait valser une duchesse solaire. La frégate s’est faufilée dans un couloir un peu dégagé tandis que les canonniers explosaient tous les astéroïdes menaçants. En général, tu ne passes pas un truc comme ça sans casser de la tôle. Eh bien l’Espadon est sorti de là comme d’un chantier naval, sans une égratignure ! De la belle ouvrage… De l’art, on pourrait même dire !

Je parle, je parle et j’ai la gorge qui sèche. Ressers moi un godet, p’tit gars.

 

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