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Havana est une belle planète, et Havana est un beau système. Les dangers y sont rares, les voyages tranquilles et, à part un Black Mamba, aucun pirate n’y attaquerait un autre pirate ! L’Emilio s’offre donc trois jours de cabotage sans histoire pour rallier la limite de saut. Avant de s’engouffrer dans son tunnel, l’équipage se trouve partagé sur la destination.

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Les plus sages se rallient au Bosco qui préconise de naviguer vers la station relais la plus proche, puis de rejoindre la Route d’Or qui les amènera à Exxalia. Les téméraires adoptent plutôt la suggestion de Korban, dangereuse mais économique. Rallier Exxalia en ligne droite ! Un périple d’au moins quinze mille parsecs qui les contraindrait à refaire le plein du générateur en espace inconnu.

Pesant avec soin les arguments du Bosco, le capitaine tranche finalement en sa faveur mais décide de gagner du temps en rejoignant directement la station relais située sur la Route d’Or, une bagatelle de dix mille parsecs qui laisserait leur générateur quasiment à sec à l’arrivée. As-tu déjà calculé un saut de cette ampleur, gamin ? Je vois à tes yeux que tu ne t’y connais guère plus que moi en équations hyperspatiales. Plus de deux heures, Korban dut s’enchaîner au navordinateur, reprenant ses calculs, croisant les courbes, tenant compte de tous les paramètres… Essaie de projeter une bille à mille mètres pile dans le trou de balle d’une souris sauteuse de Bazaar enfermée dans une lessiveuse et tu auras une petite idée de la tâche. Il s’en est finalement tiré, trace une route aux petits oignons et déclenche le saut.

Ils ont ressenti alors la même chose que toi la première fois que tu as voyagé avec tes amis. Une immense fierté et une angoisse encore plus immense. Vous êtes seuls maîtres à bord… mais seuls responsables de vos erreurs. Et une seule d’entre elles peut être fatale. Les tôles du vaisseau grincent et les parois du tunnel, si fascinantes, semblent vous attirer pour engloutir le navire et vous désintégrer en milliards de particules élémentaires. Une belle mort en vérité. Rien de mieux pour former à nouveau un tout avec le cosmos. Pour ma part, je projette tout de même de descendre encore quelques bouteilles de rhum avant d’y souscrire.

Pour l’Emilio, ce premier voyage aurait pu difficilement mieux se passer : grâce aux calculs du navigateur, ils rencontrèrent nombre de phénomènes astrophysiques heureux qui leur permirent de gagner de la vitesse, de l’énergie et même du temps pur. Les énumérer serait trop long mais Korban prit le temps de soigneusement les consigner dans son journal de bord. Ces connaissances peuvent toujours être précieuses et je te conseille d’en faire autant chaque fois que l’occasion s’en présente. Les talents de pilote du navigateur et de son copilote firent merveille : on enregistra en un quart une distance parcourue de dix-neuf cents parsecs ! Personnellement, je n’ai jamais vu mieux.

Mais ils firent aussi deux rencontres malheureuses. La plus étrange d’entre elles se présenta sous la forme d’une épave figée dans leur tunnel hyperspatial. Je ne blague pas, petit. Bien que la chose soit impossible, la carcasse semblait en stase, telle une araignée tapie au centre d’une toile d’énergie verdâtre qui empêchait tout passage. Et elle émettait à intervalles réguliers une pulsation ionique qui infligeait à chaque fois des dommages à l’Emilio. Il fallait faire quelque chose. Ils conviennent finalement que Bridget et Dans L’Mille iraient inspecter l’épave afin de trouver comment lui faire quitter le tunnel hyperspatial.

Ils découvrent dedans les restes et l’histoire du jeune équipage pirate qui y trouva une mort horrible en n’ayant pas su anticiper un orage hyperspatial. Le drame n’avait pris que quelques secondes mais le générateur était entré en résonance avec le tunnel, ce qui bloquait le vaisseau à cet endroit précis. La seule solution est de couper le générateur. Ils provoquent donc une fuite qui leur laisse un peu de temps mais leur retraite est coupée par une nuée d’hyperspectres qui avait convergé vers la source d’énergie X que la petite Bridget représentait pour ces saloperies d’ectoplasmes voraces.

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Krayve et Shiffer vont à leur secours et le groupe finit par venir à bout de cette vermine énergétique, non sans avoir fait les frais de leur psychopompe et de leurs attaques mentales. Imagine-toi attraper en un éclair de lumière la gueule de bois que tu as chopée lors de la plus grosse fête pirate à laquelle tu aie jamais assisté ; tu seras encore loin du compte. Si on leur en laisse la possibilité, ces créatures te siphonnent ta force vitale et te laissent comme une plante verte qui saurait baver.

De retour dans l’Emilio, le voyage reprend après que l’épave ait réintégré l’espace normal sous forme de particules élémentaires. Le Doc a bien du mal à soigner Bridget, très mal en point, et le rhum d’Havana se substitue finalement aux compétences médicales pour requinquer une bonne partie de l’équipage.

J’ai parlé d’une deuxième rencontre ?... Ah oui, tu as raison. Deux jours avant leur arrivée, l’équipage a eu le malheur de se laisser un peu aller. Le stress et le mal de l’espace devenaient trop pesants et ils avaient de plus en plus de mal à trouver le repos. Leurs yeux se creusaient, leur attention se relâchait et leurs réflexes s’émoussaient. C’est le moment qu’avait choisi un hypersquall pour faire de l’Emilio son casse-dalle de midi. « En mer dans une barcasse, comme en hyperespace, pour guetter le requin, surveille bien la surface. » Le dicton est plus que vrai car le monstre nage littéralement dans la paroi du tunnel, ne laissant apparaître qu’un énorme aileron. Puis, au dernier moment, il jaillit pour planter ses crocs d’acier dans la structure du vaisseau.

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L’équipage en était à se marrer des aventures picaresques d’un type au nom improbable inventé par Schiffer lorsque le bestiau se met en devoir de dépecer la coque. Chaque bouchée arrache plusieurs centaines de kilos de blindage. Panique à bord ! Tandis que le pilote tente tant bien que mal d’esquiver les terribles mâchoires du titan, le canonnier retrouve rapidement son sang-froid et grimpe à la tourelle. L’Emilio est en train de se faire éplucher comme un oignon bleu de Kazh lorsqu’un tir de laser tranche en deux l’hypersquall, sauvant ce qui reste du navire.

C’est un équipage épuisé, aux commandes d’un Basic bon pour la casse qui finit par émerger de l’hyperespace à proximité de la station Mu 23. Écoute ce conseil, petit. La prochaine fois que ton navigateur calculera un saut hyperspatial, rappelle-lui cet autre vieil adage. « Deux courts valent mieux qu’un long ». (clin d’œil)

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