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 Cerveau de Vassili, 23h30

 

« Ben oui, je suis bourré…Et puis alors, ça vous arrive jamais ?

 

Qu’est-ce que je fous dans cette ville ? Moi, Vassili Dimitriev, fils de Petrov !

 

Pfff, déjà ma naissance ne fut qu’une succession de drames : ma mère est morte en couches… La pauvre, il paraît que je pesais 16 livres et que ses entrailles n’ont pas réussi à supporter l’accouchement… Au même moment ou à peu près, mon père, Petrov, se faisait tailler en pièces par un guerrier du clan voisin pour une de ces batailles dont on ne se souvient plus l’origine en comptant les cadavres…

 

C’est donc mon Oncle Piotr qui m’a recueilli. J’ai grandi au milieu de ses fils avec qui j’ai eu des combats mémorables et qui m’ont défiguré à coups de pierres durant l’un d’eux. J’ai aussi reçu les enseignements des prêtresses de Kriesha pour m’endurcir. Piotr était un chasseur émérite. Avec lui, j’ai tout appris : la chasse, le combat, la survie, les traditions…

 

Ah les traditions ! Igor, notre faible seigneur, n’en avait que faire ! Il dirigeait son territoire en copiant les faiblesses des états voisins décadents : il voulait édicter des lois, rien que ça ! Limiter, voire interdire les duels ! Et puis quoi encore ? On est Vos ou on ne l’est pas ! Lui, visiblement, il voulait changer de camp et entraîner avec lui tous ses sujets…

 

Pas question ! Un Vos n’agit pas de cette manière. Un environnement hostile et dangereux crée le courage et la volonté ! Pas de place pour les faibles chez nous !

 

Mon oncle était d’accord avec moi d’ailleurs…

 

A mes 15 ans, un certain Zarn est passé dans notre village, avec 15 guerriers. Au début, nous avons cru qu’il voulait piller nos yourtes et violer nos femmes…. Non. Il avait décidé de créer une petite compagnie de mercenaires, de quitter le pays et d’aller louer ses compétences au plus offrant chez les Brechts. Nul doute qu’une troupe de Vos trouverait de quoi s’occuper.

 

Ce fut une révélation ! Zarn n’a pas eu besoin de me convaincre : j’ai pris mes armes, mon bouclier, un peu de nourriture et je l’ai suivi. Mon oncle ne m’a pas retenu, il connaissait mon cœur et ne se sentait pas le courage de me mettre en garde.

 

Au milieu de cette troupe, j’étais le plus jeune. Il fallait que je me fasse respecter. J’ai dû faire montre de vaillance et de caractère : mon gabarit hors norme m’y a aidé. Sergeï m’avait traité de couard : il lui manque un œil maintenant. Kirkov m’avait volé mon sac : sa main est en train de se décomposer au fond d’une rivière.

 

Nous avons passé un an environ tous ensemble. Nous avons été payés pour attaquer des villages Brechts révoltés, en défendre d’autres contre des raids de brigands, chasser des bêtes féroces qui dévoraient le bétail etc… etc…

 

Et puis il y a eu cette fille. Je ne sais même pas son prénom. Elle n’était pas plus belle qu’une autre mais je l’avais vue le premier, elle était pour moi !

 

Zarn la désirait aussi. C’était le chef, je ne pouvais que m’incliner mais je perdais alors mon honneur à jamais vis-à-vis des autres. J’ai donc décidé de quitter la troupe. Mais avant, j’ai tué la fille : personne ne l’aura, comme ça !

 

Zarn n’a même pas voulu faire l’effort de me rattraper. Je suis certain qu’il ne la voulait pas vraiment cette fille, c’était juste une provocation. Si je m’étais battu contre lui alors qu’il était mon chef, il aurait eu le droit de me tuer, ce qu’il aurait fait sans difficulté. Non, mieux vaut éviter les drames inutiles, cette fille n’en valait pas le coup.

 

J’en avais déjà connu beaucoup, des femmes. Celle-là, je l’aurais soumise comme les autres mais bon, me faire tuer pour elle, non merci.

 

Et voilà donc comment je me suis trouvé à errer seul, en plein territoire Brecht. J’ai marché de nombreux jours, vivant de chasse et de cueillette. J’ai croisé des animaux étranges, des plantes étranges. Il faisait chaud…

 

J’ai alors aperçu une sorte de montagne avec, à son sommet, des murailles. Une cité ! Voilà quelque chose d’intéressant !

 

J’ai traversé les contreforts de la montagne et les températures, au fur et à mesure de mon ascension, devenaient plus clémentes. Arrivé à l’une des entrées, un garde m’a fait payer une taxe, m’a fouillé, et j’ai pu entrer… Il avait l’air de se méfier de moi.

 

Du bout des lèvres, il m’a souhaité la bienvenue au « Chaudron »…

 

En compagnie de Zarn, j’avais pu apprendre le langage Brecht, assez pour le comprendre et me faire comprendre. J’ai également pu apprendre quelques coutumes locales.

 

Je sais que ma culture choque énormément ces gens mais c’est réciproque ! Les habitants de cette ville mettent des portes aux fenêtres et allument leur cheminée alors qu’il ne gèle même pas ! Ils se lavent plus souvent qu’il ne pleut ! Ils se parlent en permanence de lois, de droits, de ceci, de cela mais n’agissent jamais ! Les femmes et les hommes parlent d’égal à égal. J’espère que je m’habituerai à tout ça ou que je pourrai quitter ces régions rapidement !

 

En attendant, j’ai quelques piécettes à dépenser, ça fait longtemps que je n’ai pas bu. Personne ne m’adresse la parole dans la rue, tout le monde m’évite et me craint. J’ai même entendu des enfants dire que je sentais le chenil… il est temps pour moi d’essayer de rencontrer des gens. On verra bien si je supporte leurs manières et leur faiblesse apparente…

 

Ben oui, ça y est, je suis bourré. Personne n’est venu me parler dans la taverne. La musique m’a cassé les oreilles pendant deux heures. Tout le monde me regardait de travers et le tavernier n’osait pas me regarder dans les yeux quand il me servait… Un homme ivre est venu me provoquer. Heureusement que ses amis sont venus le chercher et qu’ils se sont excusés pour lui… Sinon, j’aurais alors dû le rosser et qui sait ce qui se serait passé ensuite… On n’insulte pas un Vos impunément.

 

J’vais aller dormir un peu dans cette ruelle. Là, un petit coin tranquille : ça sent l’urine mais au moins, je ne serai pas dans le passage… zzzzz…

 

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? Par Kriesha ! Trois hommes s’attaquent lâchement à un autre déguisé en femme ! Ben voilà, rien de tel pour faire connaissance :une bonne bagarre !

 

Houla, ça tourne… L’alcool… Vont voir ce que ça fait de se mesurer à quelqu’un de valable ces trois pleutres !

 

 

 

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