Campagne 'Cité enchainée'

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

 Cerveau de Vassili, 23h30

 

« Ben oui, je suis bourré…Et puis alors, ça vous arrive jamais ?

 

Qu’est-ce que je fous dans cette ville ? Moi, Vassili Dimitriev, fils de Petrov !

 

Pfff, déjà ma naissance ne fut qu’une succession de drames : ma mère est morte en couches… La pauvre, il paraît que je pesais 16 livres et que ses entrailles n’ont pas réussi à supporter l’accouchement… Au même moment ou à peu près, mon père, Petrov, se faisait tailler en pièces par un guerrier du clan voisin pour une de ces batailles dont on ne se souvient plus l’origine en comptant les cadavres…

 

C’est donc mon Oncle Piotr qui m’a recueilli. J’ai grandi au milieu de ses fils avec qui j’ai eu des combats mémorables et qui m’ont défiguré à coups de pierres durant l’un d’eux. J’ai aussi reçu les enseignements des prêtresses de Kriesha pour m’endurcir. Piotr était un chasseur émérite. Avec lui, j’ai tout appris : la chasse, le combat, la survie, les traditions…

 

Ah les traditions ! Igor, notre faible seigneur, n’en avait que faire ! Il dirigeait son territoire en copiant les faiblesses des états voisins décadents : il voulait édicter des lois, rien que ça ! Limiter, voire interdire les duels ! Et puis quoi encore ? On est Vos ou on ne l’est pas ! Lui, visiblement, il voulait changer de camp et entraîner avec lui tous ses sujets…

 

Pas question ! Un Vos n’agit pas de cette manière. Un environnement hostile et dangereux crée le courage et la volonté ! Pas de place pour les faibles chez nous !

 

Mon oncle était d’accord avec moi d’ailleurs…

 

A mes 15 ans, un certain Zarn est passé dans notre village, avec 15 guerriers. Au début, nous avons cru qu’il voulait piller nos yourtes et violer nos femmes…. Non. Il avait décidé de créer une petite compagnie de mercenaires, de quitter le pays et d’aller louer ses compétences au plus offrant chez les Brechts. Nul doute qu’une troupe de Vos trouverait de quoi s’occuper.

 

Ce fut une révélation ! Zarn n’a pas eu besoin de me convaincre : j’ai pris mes armes, mon bouclier, un peu de nourriture et je l’ai suivi. Mon oncle ne m’a pas retenu, il connaissait mon cœur et ne se sentait pas le courage de me mettre en garde.

 

Au milieu de cette troupe, j’étais le plus jeune. Il fallait que je me fasse respecter. J’ai dû faire montre de vaillance et de caractère : mon gabarit hors norme m’y a aidé. Sergeï m’avait traité de couard : il lui manque un œil maintenant. Kirkov m’avait volé mon sac : sa main est en train de se décomposer au fond d’une rivière.

 

Nous avons passé un an environ tous ensemble. Nous avons été payés pour attaquer des villages Brechts révoltés, en défendre d’autres contre des raids de brigands, chasser des bêtes féroces qui dévoraient le bétail etc… etc…

 

Et puis il y a eu cette fille. Je ne sais même pas son prénom. Elle n’était pas plus belle qu’une autre mais je l’avais vue le premier, elle était pour moi !

 

Zarn la désirait aussi. C’était le chef, je ne pouvais que m’incliner mais je perdais alors mon honneur à jamais vis-à-vis des autres. J’ai donc décidé de quitter la troupe. Mais avant, j’ai tué la fille : personne ne l’aura, comme ça !

 

Zarn n’a même pas voulu faire l’effort de me rattraper. Je suis certain qu’il ne la voulait pas vraiment cette fille, c’était juste une provocation. Si je m’étais battu contre lui alors qu’il était mon chef, il aurait eu le droit de me tuer, ce qu’il aurait fait sans difficulté. Non, mieux vaut éviter les drames inutiles, cette fille n’en valait pas le coup.

 

J’en avais déjà connu beaucoup, des femmes. Celle-là, je l’aurais soumise comme les autres mais bon, me faire tuer pour elle, non merci.

 

Et voilà donc comment je me suis trouvé à errer seul, en plein territoire Brecht. J’ai marché de nombreux jours, vivant de chasse et de cueillette. J’ai croisé des animaux étranges, des plantes étranges. Il faisait chaud…

 

J’ai alors aperçu une sorte de montagne avec, à son sommet, des murailles. Une cité ! Voilà quelque chose d’intéressant !

 

J’ai traversé les contreforts de la montagne et les températures, au fur et à mesure de mon ascension, devenaient plus clémentes. Arrivé à l’une des entrées, un garde m’a fait payer une taxe, m’a fouillé, et j’ai pu entrer… Il avait l’air de se méfier de moi.

 

Du bout des lèvres, il m’a souhaité la bienvenue au « Chaudron »…

 

En compagnie de Zarn, j’avais pu apprendre le langage Brecht, assez pour le comprendre et me faire comprendre. J’ai également pu apprendre quelques coutumes locales.

 

Je sais que ma culture choque énormément ces gens mais c’est réciproque ! Les habitants de cette ville mettent des portes aux fenêtres et allument leur cheminée alors qu’il ne gèle même pas ! Ils se lavent plus souvent qu’il ne pleut ! Ils se parlent en permanence de lois, de droits, de ceci, de cela mais n’agissent jamais ! Les femmes et les hommes parlent d’égal à égal. J’espère que je m’habituerai à tout ça ou que je pourrai quitter ces régions rapidement !

 

En attendant, j’ai quelques piécettes à dépenser, ça fait longtemps que je n’ai pas bu. Personne ne m’adresse la parole dans la rue, tout le monde m’évite et me craint. J’ai même entendu des enfants dire que je sentais le chenil… il est temps pour moi d’essayer de rencontrer des gens. On verra bien si je supporte leurs manières et leur faiblesse apparente…

 

Ben oui, ça y est, je suis bourré. Personne n’est venu me parler dans la taverne. La musique m’a cassé les oreilles pendant deux heures. Tout le monde me regardait de travers et le tavernier n’osait pas me regarder dans les yeux quand il me servait… Un homme ivre est venu me provoquer. Heureusement que ses amis sont venus le chercher et qu’ils se sont excusés pour lui… Sinon, j’aurais alors dû le rosser et qui sait ce qui se serait passé ensuite… On n’insulte pas un Vos impunément.

 

J’vais aller dormir un peu dans cette ruelle. Là, un petit coin tranquille : ça sent l’urine mais au moins, je ne serai pas dans le passage… zzzzz…

 

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? Par Kriesha ! Trois hommes s’attaquent lâchement à un autre déguisé en femme ! Ben voilà, rien de tel pour faire connaissance :une bonne bagarre !

 

Houla, ça tourne… L’alcool… Vont voir ce que ça fait de se mesurer à quelqu’un de valable ces trois pleutres !

 

 

 

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

 Vassili réflexions

« Oui, ça va mieux, j’ai bu ma potion ! Merci Till… »

  

 

Bon. Je crois que ça y est : j’ai des amis dans ce pays bizarre.

 Il a fallu un concours de circonstances mais finalement, j’ai trouvé plusieurs personnes qui me considèrent, au moins, comme un humain.

 Pourtant, je n’ai rien fait d’extraordinaire. J’ai juste mis une raclée à deux, trois traîne-savates… En plus, j’étais complètement saoul… Enfin bref, ça a suffi visiblement.

A croire que, dans ces contrées, éliminer les voleurs ou les ennemis de vos amis fait de vous quelqu’un de bien… Pourquoi pas, après tout…

 

N’empêche, ils sont étranges mes nouveaux amis.

 

Il y a ce Alaric : plein d’énergie, il court dans tous les sens, il dit qu’il est le chef, il prend les décisions mais bon, en fait, il fait beaucoup de vent… C’est lui qui a le droit de tout dans cette histoire, il fait partie de la Garde… Ben oui, vous me croyez si vous voulez mais les habitants de cette cité remettent leur sécurité dans les mains d’une petite troupe qu’ils paient… Ils semblent incapables de défendre leur ville eux-mêmes… Quand je disais qu’ils avaient l’air faible…..

 Passons à ce jeune fou, Iestym : Il parle à un écureuil perché en permanence sur son épaule, il lui a même donné un nom !!!! Vous vous rendez compte, parler à de la nourriture !! J’étais prêt à essayer de comprendre pas mal de choses mais là, j’avoue, je renonce. Le jour où on manquera de viande, je boufferai ce truc et puis c’est tout.

 Ce Iestym semble proche d’un autre gars : Wilfried. Il ne cause jamais. Je sais pas ce qu’il a derrière la tête mais il doit être préoccupé. Je lui proposerais bien de l’aider mais je ne suis pas bien certain que la méthode Vos soit utile dans son cas, ça a l’air plus compliqué qu’une vengeance à assouvir, ça doit être psychologique. Je ne peux pas vous traduire ce mot en Vos, ça n’existe pas chez nous…En tout cas, Wilfried me paraît honnête, c’est déjà ça.

Hans, c’est le plus riche, le plus vieux. Il a une grosse armure, de beaux atours, il est sympathique mais il devrait faire plus d’activités physiques. Un jour, en combat, les quelques livres superflues qui lui alourdissent le ventre lui coûteront cher. Chez nous, les lents, les faibles et les gros vivent moins longtemps que les autres, c’est vérifié.

La seule femme, c’est Eléonora, une voleuse d’après ce que j’ai compris. Qu’est-ce-qu’elle est belle… J’ai bien vu qu’ici, il ne suffisait pas de désirer pour obtenir une femme. Encore un de ces trucs où il faut palabrer, discuter, convaincre avant d’arriver à quelque chose. J’ai décidé de laisser tomber, je n’en suis quand même pas arrivé à m’abaisser devant une femme pour obtenir son consentement. Tant pis, il y aura en aura bien d’autres moins prudes.

  

Quand on y pense, ces Brechts ont vraiment un problème avec leurs instincts. On ne se bat pas quand on veut, c’est la Loi qui décide. On ne prend pas les femmes quand on veut, il faut leur consentement… C’est tout juste si on peut boire, manger à notre guise… Incroyable…

  

Avec tous mes amis, après la rencontre près de la taverne, on a été engagés pour faire une « enquête »… C’est la première fois que je faisais ça. C’est une activité assez calme. Normalement, ça devrait nous permettre de trouver qui a enlevé tous ces gens dans la ville. On pose des questions, on obtient des autorisations pour fouiller, pour faire des arrestations. On ne torture pas, on interroge seulement. On parle beaucoup, quoi… Il va falloir que j’améliore rapidement mon niveau en Brecht parce que ça a l’air d’être indispensable de bien parler cette langue.

 

Pendant l’enquête, Alaric m’a dit que j’avais un peu exagéré pour deux ou trois trucs. Faut dire que j’ai pas l’habitude d’attendre comme ça avant d’agir… Je lui répondu que j’allais essayer de faire un effort.

 

Admettez que ça reste spécial : une fois dans la boutique du Nain, j’ai compris qu’on allait le laisser en vie, après sa lourde trahison ! Il a permis à ses complices d’enlever je ne sais pas combien de personnes et puis non, c’est bon, on va juste l’enfermer. Pas de coup de fouet, pas d’épreuve du chien, rien : il a soi-disant des « circonstances atténuantes ». Ben voyons… Ne me demandez pas non plus de traduire ce mot, je risquerais de devenir vulgaire…

  

Depuis ce midi, nous avons un nouvel ami : Till. C’est un Petit-Homme aux pieds nus. Il est marrant. Ridicule mais marrant. Il m’arrive aux genoux mais je m’entends bien avec lui. Je vais essayer de le protéger un peu parce qu’avec ses soixante livres, il ne vivra pas vieux dans ces souterrains. Il est faible, inutile mais semble courageux. Il mérite une chance. Et puis quelqu’un de sa famille s’est fait enlever. On va l’aider…

 

Aujourd’hui, dans les souterrains, les choses sérieuses ont commencé. On a exploré plein de couloirs et de tunnels. Pas très pratique avec ma lance mais je me suis débrouillé. Il y avait plein de portes rondes étranges, des énigmes et des trucs écrits : ça, ça intéressait mes compagnons. J’avoue que la lecture, c’est pas ma passion…

On s’est battu avec des créatures étranges vaguement humaines. J’en ai même tué une pendant son sommeil. Vous auriez dû voir les éclaboussures de sang partout. Quand je pense qu’on dit que les Vos n’ont aucun sens de l’Art…

Après, il y a eu ces grosses araignées. Jamais vu ça ! Bon sang que ça fait mal leur piqûre ! J’en suis encore tout retourné. Le principal, c’est qu’elles ont été découpées en morceaux.

 

Le pire, ça a été cette chose, sous l’estrade. J’ai failli y passer. J’ai même perdu connaissance. C’était un genre de petit homme avec des tentacules. Les autres m’ont aidé et sauvé. Merci à eux. La prochaine fois, j’essaierai d’être moins mauvais en combat, faut dire que mon attaque avec la lance n’était pas une excellente idée dans cet endroit exigu.

  

Bref, dans l’ensemble, ça s’est bien passé. Tout le monde y a mis du sien, on verra pour la suite.

 

Le plus important, c’est que j’ai l’impression de faire partie d’un groupe, avec de vrais amis, peut-être… C’est bon signe, non ? Moi, j’y crois.

 

 

 

« Et merde, encore une de ces portes rondes. Ben ça alors ! On a la clef et ça s’ouvre !

 

Ah ben là, Foi de Kriesha, vont goûter de ma lance, ceux-là ! »

 

 

 

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

 Vassili évanoui

Alors c’est ça « perdre connaissance » ? Ben ça ressemble vachement à « tomber dans les pommes »… «  ** !#* !$ !!* d’araignée ! »

 

Les idées s’embrument, les yeux se ferment, la fièvre monte…

 

La tête est loooourde, De moins en moins de force, …. Zzzzzzzzz

 

« … »

 

« … »

 

« … »

 

Qu’elles sont belles les steppes de mon pays… Rien à l’horizon, pas de montagne, pas de cité. Que le ciel et la terre.

 

Ce froid qui vous brûle… Les oreilles, le nez, les doigts, tout devient insensible.

 

Quel plaisir d’affronter ces tempêtes de neige, emmitouflé dans ces fourrures douces et moelleuses à souhait.

 

Quelle jouissance quand votre lance s’enfonce dans les entrailles de votre ennemi. Quelle honte lorsque vous perdez un combat contre un adversaire qui oublie de vous achever.

 

Oui, la vie est dure chez les Vos. Les bêtes sauvages sont féroces, les hommes encore plus.

 

Pas de plainte, pas d’excuse, pas de remord… Nous autres, les Vos, ne sommes pas comme les autres humains, nous ne cherchons pas à leur ressembler.

 

Seuls les couards et les faibles sont civilisés. Chez nous, les plus forts et les plus courageux sont les seuls respectés. Rien ne sert de vivre si on n’est pas le meilleur, si on ne nous craint pas. Le Faible meurt, le Fort survit, il n’y a pas d’autre alternative. La sélection se fait naturellement, c’est ainsi.

 

Certains, chez nous, remettent en cause ces valeurs, ces traditions, cet Art de vivre. Qu’ils soient maudits. Il faut que les générations futures persistent dans la voie de nos ancêtres. Que Kriesha leur apporte clairvoyance dans cette quête.

 

J’ai seize ans. Je sais que je ne vivrai pas beaucoup plus vieux que mon père, tué à vingt-cinq ans. Comme lui, j’espère que je pourrai rejoindre l’au-delà en toute simplicité mais avec fierté et honneur, abattu par un adversaire plus fort que moi. Qu’aucun honteux souvenir ne vienne entacher mon passage dans le royaume des morts.

 

J’ai suivi mon instinct en joignant cette troupe de mercenaires. Les aventures que je vis actuellement sont une épreuve bienvenue pour ma vie. C’est une opportunité à saisir. Tout le reste n’est que signes du Destin : mon errance, cette ville « Le Chaudron », ces rencontres…

 

Je relèverai ce défi, en Brechtür. Je serai digne de mon Peuple, je porterai haut les préceptes de ma Déesse adorée.

 

La violence dont je fais usage n’est jamais injuste. Elle est pure et en parfaite harmonie avec la ligne de conduite des Vos. Je serai fidèle à Kriesha et à mes amis.

 

Je sais qu’ils ne me comprendront pas toujours, qu’ils critiqueront mes actes de « barbare » un jour ou l’autre. Je ne pourrai leur en vouloir car en défendant leurs principes, ils me feront honneur. Pas d’ami sans conflit, pas d’amitié sans divergence. C’est par là que notre groupe se soudera à jamais.

 

 

Chers compagnons, je ne sais si le poison qui remplit mes veines prendra mon âme ou non. Je ne sais si je parviendrai à survivre à cette épreuve mais par cette faiblesse, je vous ai trahi. J’ai fauté. Je ne demande pas votre pardon, je ne le mérite pas.

  

ô Kriesha, Déesse toute puissante !

 

Si mes amis devaient courir à leur perte par mon absence, je t’en conjure, emporte à jamais mon âme corrompue par la faiblesse de mon corps. Je ne pourrais vivre avec l’idée de cet échec.

 

Si je recouvre mes facultés, je t’en conjure, apporte moi l’énergie pour racheter ma faute et retrouver mon honneur de guerrier Vos en servant mes amis.

  

Dire que si je ne m’étais pas enivré ce soir-là, je n’aurais pas fait leur connaissance, je serais resté ce misérable Vos égaré, en pays Brecht, rejeté par tout le monde.

 

Le Destin m’a mis sur leur route et il me met à l’épreuve.

  

Il faut que je tienne bon, il faut que je m’en sorte, ça ne peut pas se terminer comme ça.

 

Bon sang ! Par toutes les tempêtes du Vosgard, une araignée de trois livres se permettrait de faire mordre la poussière à un Vos ! Où a-t-on vu ça !

 

Debout Vassili ! Debout ! Cette douleur dans ton crâne, oublie-la ! Cet engourdissement dans tes jambes, ignore-le !

 

Un peu de nerfs ! Que dirait Piotr s’il te voyait, gisant ainsi, comme une femme battue par son mari ! Tu ne peux abandonner, bats-toi !

 

Raaaaah ! Et cette odeur ? Qu’est-ce donc ? L’odeur de la mort ? L’odeur de la Peur ?

 Ah non, je la reconnais… C’est l’odeur de mon vomi…

 

« Till ! Mon ami Till ! Me voilà revenu parmi vous ! Mais c’est quoi ce lit de lopette ? Pourquoi suis-je allongé sur ce lit minuscule ! Ma lance ! Où est ma lance ! Ah ben là, ça y est, j’suis en colère ! ça va saigner, le premier ennemi qui se présente, je le fends en deux ! »

 

« Jusque là, z’ont connu que le Vassili gentil, le Vassili diplomate… Maintenant, ils vont goûter au Vassili des steppes, fils de Petrov, au Vassili sauvage, le prédateur ! »

 

Debout Till ! On y retourne ! »

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

Conversation dans un tunnel humide...

« Ben dis-donc, je ne sais pas ce qu’ils espéraient faire avec leurs petites épées, ces gobelins… S’ils comptaient nous impressionner, va falloir qu’ils trouvent d’autres arguments… »

« T’as beau feindre l’indifférence, Wilfried, ne me dis pas que tu préfèrerais avoir en face de toi des créatures armées de lances de guerre Vos ! En voilà une arme correcte, non ? »

« Il faut être honnête, la lance Vos fait souvent effet auprès de nos ennemis… Surtout quand ils voient que nous parvenons à l’utiliser d’une seule main…

Tandis que vous, les Brechts... Enfin, je ne critique pas mais bon, vous avez beau en avoir deux, vos épées de tantouzes n'ont pas l'air bien méchantes... Que Till utilise une petite épée, je comprends, faudrait pas qu'il se démette une épaule mais des gars comme vous, Hans, Diebold... Vous avez pas peur qu'on vous confonde avec une femme?

Oui, je sais qu'on doit couper les oreilles des gobelins pour être payés et les épées suffisent... Rien ne nous empêche de leur couper la tête aussi... Enfin, moi, je n'y vois pas d'inconvénient... ça défoule et ça termine le boulot proprement.

Regarde ma façon de combattre: la lance de guerre pour frapper d'une main et le bouclier de l'autre, pour parer les coups... Ah ben oui, avec deux armes, vous pouvez toucher deux fois plus au but... Mais pour quelles blessures? Hein? Des petites estafilades, voilà tout.

Alors que moi: J'arrive pas mal à éviter ou détourner les coups avec le bouclier. Avec ma lance, même si je n'atteins pas ma cible à chaque tentative, lorsque je touche, ça fait rudement mal, non? Le combat, ce n'est pas de la danse, mes amis! Faut cogner plus fort que l'autre pour le mettre à terre, c'est tout. Et mieux on est équipé, moins c'est difficile.

Quoi Alaric, comment ça tu la trouves moche ma lance de guerre? Je vais te raconter son histoire , tu veux?

C’est simple : cette arme est née d’une nécessité… Il y a de ça quelques centaines d’années….

En effet, après la bataille où Basil, notre Tsarevic avait mené nos guerriers à la victoire, nos forgerons se sont retrouvés à cours de métal. Il a fallu recycler. Mes ancêtres Vos ont donc récupéré les armes de leurs ennemis abattus ( Kriesha peut témoigner de leur nombre ). Certaines restaient utilisables mais beaucoup d’autres étaient brisées. Devant l’urgence, impossible de fondre ce métal de récupération pour créer de nouvelles haches et de nouvelles épées… Il leur est alors venu une idée : sur de longues hampes en bois, les forgerons Vos ont réparti les morceaux de lames et de pointes. Ils les ont cloués grossièrement, sertis ou encore plantés. Finalement, les guerriers Vos se sont retrouvés avec des lances hérissées de piques et de bouts de métal plus ou moins tranchants.

Il semble qu’une symbiose ait eu lieu entre nos guerriers et ces armes rustiques, improbables…Devant l’efficacité de cet armement improvisé au cours des batailles suivantes, les tribus Vos ont continué à fabriquer et améliorer ces lances qui, à mesure de leur usage, sont devenues traditionnelles et culturelles.

De nos jours, la lance Vos est notre arme de prédilection. Elle permet des coups d’estoc mais également de taille. Une technique séculaire, transmise de génération en génération, nous permet d’en faire usage à une seule main, ce qui surprend toujours nos adversaires. Sur la hampe de la lance, on grave des encoches pour chaque ennemi de valeur tué. Certains guerriers de mon peuple n’ont pas eu assez de place pour tout inscrire…

Traditionnellement, cette arme nous est remise au passage à l’âge adulte, après l’épreuve de l’ours. Vers 14/15 ans, on nous envoie dans les forêts, simplement armé d’un coutelas et d’un épieu en bois ; il nous faut débusquer un ours et le tuer. Ensuite, on revient au village avec sa tête et sa fourrure. Une fête est alors organisée et notre lance Vos nous est remise par tous les villageois, ivres et heureux de compter un nouveau guerrier parmi eux. La lance peut être fabriquée pour l’occasion mais peut aussi provenir d’un héritage. Certaines lances se sont transmises sur trois ou quatre générations. La mienne me vient de mon père : une de ses lames daterait de la guerre menée par notre Tsarevic adoré…

Je conseille cette épreuve aux autres peuples. Cela élimine les faibles et les incapables. Ce jour-là, on ressent une immense fierté à revenir au village avec les attributs de l’ours, tué de ses propres mains… Difficile de décrire ce sentiment…

Beaucoup d’enfants périssent mais c’est ainsi, on ne peut espérer devenir un guerrier efficace si on n’est pas apte à tuer un ours à 14 ans.

Bon bref, tout ça pour dire que la lance Vos est clairement l’arme la plus efficace que j’aie eu à manier.

Je l’aime mon arme… Elle m’accompagne depuis deux ans… Je lui dois mes victoires et surtout ma survie… J’aimerais la rendre indestructible pour pouvoir la transmettre à mon fils aîné lorsqu’il aura tué son propre ours…

Ouais, t’as raison, Lestym… faudrait déjà que je survive et que je trouve une femme digne de me faire des enfants… Elles sont toutes si frêles ici… Quand verrai-je une guerrière suffisamment farouche pour engendrer une lignée de braves combattants Vos ? Eléonora, t'es partante?

D'accord, d'accord, je vais me faire foutre... Non, je pense que je devrai rentrer en Vosgaard pour trouver botte à mon pied…

D'ailleurs, faudrait que je vous emmène, tous, chez moi, pour rendre visite à mon Oncle et mes cousins, pour vous faire découvrir notre vie et notre culture, Vous en reviendriez plus fort. On en profiterait pour vous trouver de bonnes armes là-bas... Pas comme ces petites choses fragiles dont vous vous servez...

En attendant, mes amis, je vais me battre à vos côtés. Ma lance s’enfoncera dans la chair de nos ennemis communs, tant que faire se peut ! Qu’elle coupe, qu’elle tranche et frappe tous ceux qui se mettront en travers de notre chemin, par Kriesha, déesse de la violence et de la furie ! Que le combat nous rende plus fort et plus féroce !

Ces escarmouches sont un bon entraînement pour moi mais il faut que je participe à une bataille de masse… Ya que ça de vrai… J’espère que le Chaudron sera bientôt attaqué par une armée quelconque… J’ai hâte de déchaîner l’énergie de mon instinct sur les rangs serrés de nos ennemis !

Ben quoi, on peut rêver, non ? Chacun a droit à son fantasme ! On m’a beaucoup raconté l’ivresse des grandes batailles et je ne veux pas mourir sans y avoir goûté… Je m’imagine déjà, ma lance à la main, en train de frapper lourdement chaque adversaire assez téméraire pour rester à portée de mes coups… Ah oui, j’aimerais tant me laisser envahir par une rage incontrôlable, inspirant la terreur autour de moi !!! Ah, ce sang de Vos qui bouillonne en moi !

Fuyez, gobelins ! En attendant ces heures glorieuses, je m’en vais vous pourfendre et vous alléger de paires d’oreilles si laides ! Dans votre au-delà, vous pourrez vous enorgueillir d’avoir péri sous les coups de Vassili, l’ignoble et cruel Vassili ! Fuyez ou mourrez !

Ok, je m’emballe un peu… Faut dire qu’ils ont le don de me rouler les nerfs en pelote, ces petites raclures puantes… La cueillette aux oreilles doit reprendre !

On en est à combien ? 40 ? 50 déjà ? On peut faire mieux. »

Merde, c'est quoi ce machin? Un goblours? C'est lui Drakthar? Raaaaaahhh, chaaaaaaargez! Meurs Drakthar!!!Meurs!!!

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

« La vache! Plein les dents.... On en a pris plein les dents, n'est-ce pas Eléonora??? Ouais, j'ai bien morflé mais occupe-toi de soigner Diebold et Alaric d'abord, ils ont l'air mal en point... »

« ... »

« ben vas-y! Qu'est-ce que t'attends pour les retaper??? Et toi Bellock, tu peux rien faire??? Merde, ils sont morts ces cons..... C'est pas possible, ils sont morts....

« ... »

« Ah ben toi, ma rouquine, tu vas ramasser! Bélénik ou pas Bélénik, tu vas parler et ensuite, je vais t'entreprendre... à ma manière.... Alaric ne peut plus m'en empêcher maintenant et tu vas le regretter! Deux amis, rien que ça.... Tu m'as privé de deux amis.... Pourquoi ai-je survécu à ça???Ils ne méritaient pas la mort, jamais! Tu aurais dû prendre ma vie, pas la leur.... Mauvais choix, très mauvais choix... Kriesha, accorde-moi ta sagesse pour ne pas sombrer dans la folie quand je ferai subir tous les outrages à cette créature démoniaque, loin des regards de mes amis survivants.... Il faudra garder foi en moi lorsque je découperai chaque membre de son corps et que son sang tapissera les murs et le sol... Que ses cris résonnent dans tout le Brechtür! Qu'ils portent jusqu'au Vosgaard, la terre de mes ancêtres! Qu'ils soient entendus par tous ses alliés! Accorde moi ton soutien lorsque sa tête viendra décorer ma lance après ses longs hurlements de souffrance... Non Triel, tu n'aurais pas dû.... Tu n'aurais vraiment pas dû.... »

<<...>>

La vengeance a calmé ma douleur mais ça n'a été que temporaire... J'ai maintenant cette boule dans mon ventre, qui ne veut plus partir... C'est quoi ça encore, de la tristesse? Va falloir que ça cesse tous ces nouveaux sentiments, je ne les supporte plus, ça me rend faible et inefficace. La vie était plus simple avant...

C'est le revers de la médaille... On a des amis, on se sent fort avec eux, on ressent un lien fort et indéfectible, une joie intense de vivre à leurs côtés, à partager les mêmes aventures et les mêmes risques... On picole, on se confie, on s'attache et puis tac! Sans prévenir, ils meurent... Encore un truc que je dois apprendre... Chez nous, encore une fois, l'environnement est tellement hostile, les ennemis tellement violents que la Mort n'est qu'un état de la Vie... Si on devait s'apitoyer sur chaque décès, fusse-t-il d'un proche, on passerait son temps à être triste... Et ça, on ne peut pas se le permettre, c'est une question de survie, il faut être en permanence en pleine possession de ses moyens. Si la mort vient faucher un Vos, c'est qu'il l'a mérité... Rien de grave.

Alaric et Diebold ne le méritaient pas... Ils se battaient pour un Idéal, pour sauver leur ville, pour les autres.... C'étaient de braves types, avec leurs défauts et leurs qualités. C'étaient MES amis!

Moi, je me bats sans raison, je n'ai pas de but, j'aime le combat et je mets cette violence à disposition de mes amis, qui comptent sur moi... Les choix des Dieux sont discutables. Ils ont emporté ces deux hommes, à l'aveuglette.... Que Bélénik soit béni mais sa prêtresse a eu la main trop lourde, elle s'est fourvoyée et devait m'emporter, moi et pas eux! Ce destin-là ne me plait guère... Que Kriesha m'en soit témoin, je ferai tout de qui est en mon pouvoir pour que Diebold et Alaric reviennent à la vie... J'irai voir cette prêtresse à Chaudron, la seule capable de lancer ce sort miraculeux... Elle exigera de l'argent, je lui en donnerai! Elle exigera des services peu honorables, je lui livrerai ma conscience sur un plateau et j'accomplirai ces tâches ingrates! Mes deux amis doivent revoir le jour, c'est une nécessité!

Ils se sont sacrifiés pour l'intérêt du groupe, je me sacrifierai pour eux, c'est la moindre des choses...

« Ok, on se refait une santé, on remet nos deux cadavres sur pied et on y retourne... Till, balance-nous une de tes chansons de guerre, ça nous requinquera! Allez, fières sentinelles, montrons-leur qui doit avoir peur de qui.... Montrons-leur ce qu'il en coûte d'oser s'en prendre à l'un de nous.

Alaric, désolé mais maintenant, j'agirai à ma manière.... Jusqu'à ce que tu reviennes freiner mes ardeurs... Tu dois revenir, au moins pour ça... Tu ne vas tout de même laisser un barbare sanguinaire en liberté dans TA ville???? Allez, on va boire un coup à leur santé, c'est moi qui régale...  Burp... Putain de Destin.»

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

CHAUDRON, salle de garde de la porte Sud, un soir....

 

  • « Hé, Vassili, qu'est-ce tu fous? Pourquoi tu restes tout seul, assis, comme ça, à regarder le mur? »

  • « ... »

  • « Ben réponds! Pourquoi tu viens pas avec nous pour jouer aux dés? »

  • « Laisse-moi tranquille, Kurt, je réfléchis... »

  • « Allez, fais pas ta sucrée, viens! On a du vin de Khinasie! »

  • « Ecoute, Kurt, si tu continues à m'emmerder, je vais chez toi, je viole ta femme, je la tue et j'égorge tes gosses. Je brûle ta maison, je te coupe les pieds et les mains puis je te fais bouffer ce qui te sert à aller pisser. Tu sais que je vais le faire... alors casse-toi, Kurt. »

  • « Euh....Ad'taleur, Vassili.... »

J'aime bien, de temps en temps, prendre quelques minutes pour méditer, c'est Till qui m'a expliqué que ça faisait du bien... C'est Lachlan qui doit faire ça souvent aussi...

Paraît qu'on prend de bonnes décisions après quelques minutes de méditation... Jamais fait ça avant d'arriver ici... Ben oui, il fait tellement froid chez moi que si on s'arrête de bouger pour réfléchir, ben c'est simple, on gèle sur place et on a toutes les chances de se faire bouffer par un ours qui passe par là.... Allez, reprenons les événements récents, un par un...

Bon. D'abord, Alaric est mort, je m'y ferai jamais. Diebold aussi, mais lui, a bien voulu se faire rappeler à la vie, tant mieux... En fait, je comprends Alaric, on était assez semblables finalement. Moi non plus je ne voudrais pas qu'on me ressuscite après une mort au combat... Trop de honte... C'est respectable, non?

Et tous ces cons de Brechts qui sont venus au spectacle, pour ses funérailles... Alaric était ceci, il était cela... Pas un d'entre eux n'a bougé le petit doigt pour venir nous aider quand ça bardait... Tous des faibles et des trouillards. Il a fallu que je le dise à la tribune, je ne pouvais pas faire autrement... Pas terrible comme idée apparemment... Les prêtres de Kirche ont pris la mouche et leur chef m'a provoqué en duel... C'était de bonne guerre, je le méritais... J'avais entièrement raison, il le savait, mais j'aurais pas dû le dire dans leur temple, c'est vrai... Admettons...

Bref, le combat a eu lieu, porte Nord. Il y avait du monde... Les mêmes cons des funérailles d'Alaric sont venus voir perdre ce gros naze de barbare Vos qui a osé les traiter de nuls. En passant, seul ce prêtre m'a défié pour ces insultes.Et ben je l'ai battu, ce champion, avec l'aide des sortilèges de mes amis et surtout, je pense, avec l'aide de l'âme d'Alaric qui devait rôder par là... Un coup, un seul coup pour terrasser ce prêtre, pourtant courageux! C'est la première fois que j'arrivais à sortir cette botte. Plein sa gueule, j'ai bien rigolé, il s'est retrouvé les quatre fers en l'air en trois secondes et si nous étions en Vosgaard, le coup suivant aurait servi à lui détacher la tête du reste du corps... Ici, il valait mieux la jouer fair-play et lui laisser la vie sauve... Tant mieux pour lui s'il sait continuer à vivre avec le souvenir de cette défaite cuisante... En tout cas, j'avais raison, Alaric. La justice a parlé! Les preuves sont là, tous des pédés! Fini le spectacle, allez hop, tout le monde au dodo. Vassili n'est pas si naze, hein? Va peut-être falloir commencer à le respecter un peu, non?

J'espère que ça va calmer tous ces beaux parleurs du CHAUDRON et qu'enfin, ils prendront les armes pour défendre leur cité car c'est bien ça que je leur reproche! Quand tout va bien, tout le monde se pavane avec jolis atours et belles paroles... Quand ça va mal, terminé, tout le monde se cache et on envoie un groupe d'aventuriers régler les problèmes... Pitoyable... Je savais que les Brechts n'étaient pas un peuple guerrier mais là, ça dépasse tout ce que j'avais imaginé... A part mes amis, tous des lopettes.

Bref. Passons à autre chose: pour le rappel à la vie de Diebold, la prêtresse nous avait demandé un service, à Eléonora et à moi... Un service, disons, euh.... spécial. C'est fait. Un type est mort, d'accord, mais Diebold, mon ami, est de retour, c'est tout ce qui importe... Etait-ce bien, était-ce mal? Moi, je m'en tape. Elle m'aurait demandé d'en buter dix, je l'aurais fait. La vie d'un ami n'a pas de prix.

Je n'ai pas eu de remords, je n'ai pas faibli et pourtant, à un moment, je pensais que j'avais changé, trop changé pour continuer à prier Kriesha, ma déesse adorée. ... Pitié, compassion, amitié... Tous ces trucs que j'apprends, est-ce que c'est compatible avec mes prières? Je me rends compte que les prêtresses du Vosgaard ne m'avaient enseigné qu'une partie de ses préceptes... Les adeptes de Kriesha, qu'on a récemment croisés, étaient vraiment mauvais, ivres de méchanceté pure et de pouvoir malsain... Alaric et Diebold en ont fait les frais... Est-ce là la vraie volonté de Kriesha? Répandre le mal partout autour d'elle? Comme d'habitude, je ne sais plus quoi penser... Faudrait que je me confie à Till ou Lachlan... Hans est de bon conseil aussi mais bon... Je vais passer pour une tapette et il n'en est pas question... Je verrai bien... Ca peut encore attendre... Je vais réfléchir... Je suis un Vos et je suis fier de mes racines mais cette nouvelle vie, ici, ne peut pas me laisser indemne, je m'en rends bien compte... Peut-être que ceux des miens qui prônent la modernité ne sont pas si fous que ça...

Sinon, en hommage à Alaric, je me suis engagé dans le guet, temporairement, pour passer le temps... C'est rigolo... D'habitude, je déclenche les bagarres dans les tavernes mais là, j'interviens pour les arrêter... Faut juste que je fasse gaffe de ne pas cogner trop fort... Les gars du guet ont l'air de m'apprécier même si les officiers me trouvent.... dissipé. Faut dire que se lever aux aurores pour faire des patrouilles, c'est pas mon truc. Le matin, moi, je cuve. En tout cas, pourvu qu'il n'y ait jamais d'attaque en règle de la ville parce que les hommes du guet, c'est pas ça... Ils sont bien gentils mais en combat, c'est des bons à rien...Va vraiment falloir que j'aille voir le bourgmestre... Je demanderai à Hans de m'accompagner... Faut trouver une solution pour renforcer la défense de la cité sinon, un jour, une compagnie de mercenaires va se pointer et hop! tueries, pillages, viols... Feront moins les malins les mous du genou de Chaudron... Il arrivera bien un jour où les sentinelles du crépuscule ne pourront plus leur sauver les miches... ça va leur faire tout drôle. S'ils ne sont pas préparés, ça va être un massacre. Donnez-moi vingt Vos et je vous détruis cette ville en deux heures...

Je sais pas... Avec tout le matos qu'on a récupéré sur nos différents ennemis, ya peut-être moyen d'équiper une trentaine de traîne-savates... Un peu d'entraînement, un peu de pognon et nous voilà avec une petite troupe de mercenaires bonne à tout faire... Pourquoi pas? Je m'ennuie en ce moment, ça pourrait m'occuper de leur apprendre les rudiments du combat... Iestym arrive bien à dresser un écureuil, je vois pas pourquoi j'arriverais pas à former quelques ivrognes...

A part ça, le Vosgaard me manque... Je pourrai peut-être y retourner bientôt... Il faut que j'emmène mes amis là-bas... Quelle fierté de leur présenter mon Oncle Piotr, mes cousins, de leur faire visiter nos steppes enneigées, de partir à la chasse avec eux... Ouais, ça me plairait de...

 

-  « hé, Vassili, paraît que tu médites? C'est Kurt qui nous a dit ça.... Tu médites sur quoi? Sur le nombre de litres de bières que tu peux avaler? »

- « ... »

  • « Fais pas chier, Vassili, viens picoler avec nous... »

  • « ... »

  • « Au fait, pour Kurt, c'est des conneries tes menaces , hein? Tu le ferais pas, hein?»

  • « Dis-moi, t'habites où, Franz? »

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

CHAUDRON, dans les bas quartiers de la ville... Un vieux hangar cédé par le bourgmestre à notre brave Vassili, semble abriter quelques miliciens en pleine instruction... L'odeur de sueur et de limaille d'acier emplit l'air alentours... Une poignée de badauds curieux osent s'approcher pour jeter un oeil à travers les fenêtres mais un jeune garçon de 13 ans essaie de les convaincre de s'éloigner, de peur d'attirer la colère du Vos, au caractère peu consensuel en période d'entraînement de ses recrues... En effet, voilà plusieurs jours qu'une douzaine d'hommes a été recrutée par le Barbare dans un but encore assez flou... Il s'agit de quelques clochards ou autres marginaux qui ont répondu présent à l'appel... Vassili, apparemment, paie bien mais ses leçons de combat en ont déjà épuisé plus d'un... Seuls les plus motivés les supportent et reviennent... Ceux qui ont abandonné ont fui et se terrent, dans les ruelles sombres, en priant leurs Dieux de ne pas être découverts par leur recruteur qui leur a promis une râclée « maison » en cas de faiblesse... Tous ces volontaires représentent le fond du panier, comme on dit, mais Vassili ne juge pas les hommes sur leur condition sociale... Il s'en est sorti, lui-même, à la sueur de son front et a décidé de donner leur chance à des exclus de la société, dont il pourra avoir besoin, le temps venu... Mais regardons et écoutons discrètement ce qui se passe dans cette bâtisse...

 

- « Allez bande de glands, un peu de nerfs! On n'est pas chez les tapettes ici, j'vais vous faire ressembler à quelque chose, moi, vous allez voir!!! En haut! En bas!  Toi, là-bas, tu te fous de moi? T'appelles ça des pompes?»

  • « Maître Vassili, on s'disait, avec les autres, qu'on pourrait p'têt faire une pause? »

  • « C'est quoi ce ramassis de mous du casque? J'vous ai pas engagés pour faire des pauses! Au combat, il n'y a pas de pause: les coups s'arrêtent quand l'un des deux combattants est mort, pas avant... Vous avez quoi dans le citron, hein? Par Kriesha, on n'est pas dans un club de tricot ici, secouez-vous un peu, tas de vieilles tantes!»

  • « Ouais mais bon, on est claqués, chef... ça fait deux heures qu'on s'entraîne et je sens plus mes bras... »

PAF!

Le jeune Brecht s'effondre, inconscient, assommé par le lourd poing de Vassili, à nouveau en colère...

 

  • « La voilà sa pause! Qu'il en profite! Un autre a envie de roupiller? Je peux l'aider! »

  • Tous en coeur : « En haut! En bas! »

  • « Ben voilà, je suis fier de vous les gars, vous voyez quand vous voulez! Allez, encore une trentaine et on continue avec du maniement d'épée, en position! »

Je ne sais vraiment pas ce qui se trame ici avec cette compagnie de mercenaires dans la ville mais ces quelques traîne-savates que j'entraîne nous seront peut-être un jour utiles... Il y a de braves gars parmi eux... Ils me haïssent mais je crois qu'ils me respectent...Certains me resteront loyaux lorsqu'ils devront aller au charbon, d'autres fuiront, je le sais... Ce recrutement les sort de leur condition misérable et leur fournit une activité saine...Il y a bien ces cogneurs des ruelles qui tentent de me mettre des bâtons dans les roues mais pour l'instant, ils n'ont pas réussi à me décourager. J'adore entraîner ces gars... Ils ne s'en rendent pas compte mais ils vont devenir des gens bien s'ils s'en donnent la peine. C'est pas des foudres de guerre mais certains s'en sortent pas mal et j'ai hâte de les voir en action, face à de vrais ennemis... Il se pourrait que cela arrive plus rapidement que je ne crois... Tous ces mercenaires Vos ne vont pas réussir à se tenir tranquille très longtemps... Mais que font-ils ici? Quand aurai-je à affronter Zarn Kyass, leur chef? Qui est derrière tout ça? Les habitants de CHAUDRON ne s'en rendent pas compte mais ces mercenaires tiennent déjà potentiellement la ville et lorsqu'ils le décideront, ils auront tout loisir de semer le chaos et personne ne pourra les en empêcher... Je pense que mes amis et moi essaierons bien de faire quelque chose mais je ne sais pas si nous ferons le poids... C'est là qu'interviennent mes douze bons à rien... J'espère qu'ils seront capables de s'associer à nous pour retourner la situation si nécessaire...

Face à cette « invasion » sournoise, nous avons déjà prospecté pour obtenir l'appui de quelques forces vives de CHAUDRON: Quelques nobles nous apportent leur soutien et les prêtres de Kirche, avec qui j'ai fait la paix, se dresseront devant eux si besoin... Un jour viendra où une sorte de guerre civile ensanglantera CHAUDRON et il faut préparer le conflit si on veut s'assurer la victoire...

Le problème, c'est que, pour le moment, on n'arrive pas à discerner avec certitude les futurs belligérants... Ce qui est certain, c'est que les mercenaires Vos feront partie des méchants... Il n'y a qu'un Vos désorienté comme moi pour faire partie des gentils... Putain de vie! C'était si simple avant! Ben oui, le pire, c'est que, peu à peu, je commence à l'apprécier ma nouvelle vie; qui l'eût cru!

 

  • « Allez, on arrête là pour aujourd'hui, bande de pâtés en croûte! Vous auriez pu faire mieux mais c'était pas mal... Il est toujours en pause votre copain? Ben réveillez-le, tas de gros flans! Vous voulez ptet que je le fasse? Voici votre Rheul et allez vous servir au tonnelet de bière que j'ai amené... »

L'homme assommé par le Vos reprend peu à peu ses esprits alors que la douleur s'éveille également. Le voilà qui geint et qui se tient le visage en grimaçant... Ses camarades s'affairent autour de lui.

 

  • « Euh... Maître Vassili, je crois que Klaus a eu la mâchoire cassée pendant sa... pause... »

  • « Voilà où ça mène de dormir pendant les cours, amenez-le au Temple machin-chose pour le soigner... Dites que c'est à mettre sur mon compte... »

  • « Ben c'est-à-dire que le prêtre, hier, avait déjà dit qu'il ne vous faisait plus crédit... Vous avez déjà envoyé deux gars en 3 jours se faire soigner et vous n'avez pas payé... Enfin, c'est le prêtre qui a dit ça, pas moi, hein.... »

  • « Mouais, je vais m'occuper de ça... C'est fou ce qu'ils sont fragiles ces Brechts.... Va falloir vous endurcir les gars! Demain, même heure, on passera à de vrais exercices les chochottes! Soyez en forme! »

S'adressant à Klaus: « Debout! Tu veux pas que je te porte jusqu'au Temple, si? Allez, je t'emmène, on va te rafistoler mais ne t'avise plus de te comporter comme une fiotte dorénavant! »

 

Les badauds ont déjà regagné leurs pénates et Vassili se dirige vers le Temple, suivi d'un homme en guenilles qui lâche un petit couinement à chaque pas... Dieter, le garçon de 13 ans, depuis peu adopté par les « Sentinelles du Crépuscule » rejoint le Vos qui le prend par l'épaule... Aujourd'hui, Dieter a eu de la chance, elle n'a pas été démise durant l'étreinte...

Et comme après chaque entraînement, Vassili a une pensée émue pour Pavel, son propre instructeur, qu'il a dû affronter et tuer, récemment, dans de sombres circonstances...

Nos partenaires

Prochains événements

Aucun évènement dans le calendrier

Notez les dates des événements à venir d'Atalanta Fugiens (dates grisées).

 

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31